28 août 2020

Chez NEI, nous estimons qu’un vote réfléchi ne s’impose pas seulement du fait de nos responsabilités vis-à-vis des investisseurs, mais aussi aux fins de gestion active de la propriété et de dialogue. Chaque année, nous nous efforçons de voter par procuration dans toutes les sociétés dont les actions sont détenues par des fonds NEI. Cet engagement énonce clairement aux investisseurs que nous reconnaissons notre obligation de les représenter, de sorte qu’ils puissent exprimer leur opinion sur la gestion des sociétés dans lesquelles ils ont indirectement investi.

Même si la plupart des assemblées générales annuelles 2020 se sont déroulées à distance à cause de la COVID-19, nous avons pu pleinement exercer notre droit de vote sur des questions de gouvernance concernant les élections au conseil d’administration et la rémunération ainsi que sur environ 300 propositions d’actionnaires.

La période de vote par procuration révèle largement le comportement des investisseurs ainsi que les intentions des sociétés. L’année 2020 s’est avérée particulièrement instructive à cet égard. Les enjeux persistants de rémunération des dirigeants ainsi que d’indépendance et de composition du conseil d’administration ont continué de justifier l’utilisation de nos votes, mais le climat et les droits de la personne ont déclenché cette année une hausse des propositions.

Contrairement à ce que vous pourriez penser, NEI a voté à l’encontre, ou s’est abstenue, de voter sur 56 % des propositions liées au climat. Notre engagement envers cet enjeu n’a absolument pas fléchi, mais les propositions concernées nous semblaient mal ciblées, particulièrement quand elles ignoraient les progrès accomplis. Il n’est pas si simple d’atténuer les risques climatiques. Nous ne tenons pas à soutenir des propositions qui encouragent des solutions simplistes ou ne considèrent pas l’intégralité des efforts d’une société dans la crise climatique.

Ainsi, nous avons choisi de nous abstenir sur des propositions d’actionnaires soumises auprès d’Equinor et Shell qui réclamaient des objectifs conformes à l’Accord de Paris sur le climat. À notre avis, ces deux sociétés ont clairement donné suite à l’engagement des investisseurs sur ce sujet. À l’inverse, nous avons soutenu les propositions demandant à JPMorgan et à la Banque TD de préparer des rapports sur leurs risques climatiques, malgré les efforts déployés par les deux organisations pour traiter cette question. Il nous semble effectivement primordial d’obtenir plus de renseignements sur leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Nous avons appliqué la même approche réfléchie pour chaque vote que nous avons exprimé en 2020. Ainsi, nous avons soutenu les propositions qui demandaient un suivi plus rigoureux des risques liés aux droits de la personne dans le secteur des technologies. Contrairement au risque climatique, auquel toutes les sociétés font face, les droits de la personne dans le domaine numérique se limitent à un seul secteur. Durant la période de procuration de cette année, les géants technologiques Facebook, Alphabet (Google) et Amazon ont attiré le plus de propositions. Environ la moitié de celles-ci visait un meilleur traitement des risques posés par leurs activités sur les droits de la personne. Nous avons soutenu chaque proposition, comme de nombreux investisseurs. Parmi les douze résolutions soumises au vote à l’assemblée d’Amazon, cinq ont recueilli un soutien supérieur à 30 %. Elles concernaient notamment des diligences raisonnables à l’égard des clients, les discours de haine, des évaluations de l’impact sur la personne, le lobbyisme et les déchets alimentaires.

Nous devrons encore déployer des efforts significatifs pour que les aspects liés aux droits de la personne soient intégrés aux activités des géants des technologies et nous ne pouvons relâcher nos efforts en matière d’engagement, mais la tendance apparaît clairement positive.

Le Rapport de propriété active du deuxième trimestre de NEI comporte toutes les précisions sur les votes par procuration de 2020.